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 Quand les grands esprits se rencontrent... [- PV Ulrich -]

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MessageSujet: Quand les grands esprits se rencontrent... [- PV Ulrich -]   Lun 26 Déc - 16:08

La salle de classe... Viken n'avait jamais connu ça que différemment des êtres normaux. Dans sa salle à lui, il n'y avait qu'un seul et unique bureau, le sien. Un bureau griffé par les années. Les traces d'ongles causés par la douleur, lorsque les mains se crispaient sur la table alors que l'on recevait un coup de cravache pour avoir mal répondu, ou détourné son attention sur autre chose que le tyran qui servait de professeur. Que de souvenirs...
Ici, c'était autre, c'était presque comme dans les films à la télé, et il avait fortement l'impression d'y être. Jamais auparavant il n'avait vu une salle de classe, et c'était avec un anormal émerveillement qu'il fixait le tableau, prenant une pose d'élève détendu assit à un bureau au fond de la salle. Alors il y avait des cours ici ? Intéressant... Mais quel genre de cours ? On apprenait visiblement pas les bonnes manières, ici...

D'un coup, les pieds du Pantin basculèrent sur la table et du même mouvement, il sortit son peigne. Comme à son habitude, il le passa sur sa barbe, toujours peur qu'elle ne soit pas assez droite et lisse, puis de son mouvement souple, lent, précis et presque gracieux, il peigna sa longue chevelure, durant quelques longues minutes. L'ennui se faisait sentir, et la mélancolie s'installa doucement dans l'esprit du détenu. L'affection lui manquait tellement... La douce chevelure rousse de Tanya, son odeur, sa douceur au milieu de sa froideur... Les nuits mémorables qu'ils passaient ensemble, les plats qu'il lui cuisinait. Ce petit sourire léger en coin qu'elle avait lorsqu'elle était satisfaite mais qu'elle ne voulait pas le montrer. Elle ne pouvait empêcher ce sourire, et il lui allait si bien... La façon dont elle lui caressait les cheveux lorsqu'elle pensait qu'il dormait... Tellement de choses d'elles qui l'avaient marqué à vie.

_ Je n'en veux aucune autre, Tanya... Il y en a des jolies, ici, mais elles ne seront jamais toi...

Et voilà qu'il se remettait à parler seul, s'adressant à elle comme si elle était présente à ses côtés. En réalité, c'est à son propre cœur qu'il parlait, parfois pour l'apaiser, parfois pour évoquer ses sentiments à haute voix tout simplement. Si cela pouvait être étrange pour les autres, lui, ça l'aidait à se sentir un peu mieux, et moins seul. Eh bien, il était temps de profiter du fait qu'il n'y avait personne pour jouer un peu de son Harmonica.
De sa poche, il sortit la petite sacoche de cuir noir dans lequel il était rangé, enveloppé dans un petit chiffon de velours rouge corrida. Doucement, l'air passant entre les lames d'argent élevèrent des notes. "My Wild Irish Rose", cet air de nostalgie qu'il aimait jouer à ses heures perdues. Et là, c'était ses années à venir qui étaient perdues. Tanya... Elle aimait cet air, elle l'aimait beaucoup, mais ça faisait partie de ces choses qu'elle apprécié en secret. Heureusement qu'il savait lire dans son comportement, car elle était loin d'être facile. Cette barrière de glace qui l'entourait, c'est une des choses qu'il aimait tant chez elle... Car lui savait qu'il était bien au chaud à l'intérieur de cette barrière, bien au chaud contre sa généreuse poitrine, près de son cœur.

Enfin, il était temps de sortir fumer une clope. Rangeant avec soin son Harmonica et son peigne qui trainait sur le bureau où il s'était installé, il se releva et s'étira longuement avant de se diriger vers la porte fermée. L'ennui était d'une fatigue...
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MessageSujet: Re: Quand les grands esprits se rencontrent... [- PV Ulrich -]   Mar 27 Déc - 10:50

Ulrich non plus n'avait jamais connu de salle de classe normale. Fils unique d'un clan de militaire, il n'avait jamais eu que des précepteurs, des cours à domicile dans le grand manoir du clan Breslin. Entre ça, son amour inconditionnel pour le Violon et son enseignement militaire dès 16 ans, on pouvait sans doute comprendre pourquoi Ulrich pouvait avoir tant de mal au niveau des relations sociales.
Cependant, le Directeur n'avait pas le temps de se pencher sur son passé de la sorte, ni l'envie d'ailleurs. La seule façon pour lui d'avancer encore était de penser au présent, seulement au présent. Il avait, après tout, la plus importante prison du monde à diriger, non? Il ne devait pas non plus penser aux raisons qui l'avaient menées jusqu'ici. Si Ulrich s'arrêtait, il savait qu'il ne repartirait pas, et ce serait la catastrophe pour lui.

Ce jour-là, Ulrich se dirigeait vers les salles de classes. Le sergent instructeur, chargé en général des leçons, était indisposé, et il revenait au Directeur de faire le cours à sa place. Ce n'était pas des Elites aujourd'hui, simplement les détenus volontaires. Ulrich ne s'était jamais senti la fibre pédagogue, mais c'était un cours d'histoire du XXeme siècle qui aurait dû avoir lieu, et il était assez à l'aise dans ce sujet pour pouvoir sauver les meubles.

D'un pas sûr il entra dans la classe. Ses yeux noirs s'écarquillèrent sous la surprise quand il n'aperçut qu'une seule personne dans la salle.

-Ah...Bonjour Viken. D'habitude il y a plus de monde, ils ne devaient pas savoir qu'il y avait cours maintenant...


Il referma la porte derrière lui et se dirigea vers le bureau. Il était surpris de voir ici Viken Le Pantin, car c'était la première fois à sa connaissance, qu'il se rendait ici.

-Tu allais partir? Tu fais comme tu veux, si tu ne veux pas faire le cours je retourne à mes dossiers, moi!


Ulrich avait dit ça avec un sourire qui se voulait avenant, et qui n'y parvint pas trop mal. Il n'avait jusqu'à présent que peu côtoyé Viken, à part le jour de son arrivée, comme pour tous les détenus, et le jour de ce mouvement de rébellion au réfectoire, où le détenu avait manqué de l’assommer en lui balançant son verre à la tête. Mais, sans avoir l'occasion plus que ça de lui adresser la parole, Ulrich sentait de manière intuitive que le détenu semblait...décalé? Déphasé? Ces mots là ne convenaient pas parfaitement, mais s'approchaient un peu de ce qu'il voulait dire. Il connaissait le dossier du jeune homme, comme de tous les détenus, sur le bout des doigts (du moins ce que le gouvernement avait pu rassembler), mais il était criblé de trous dans le cas de Viken, et toute une partie de son histoire reste dans le flou. C'était en général plutôt rare pour les détenus, car les fédéraux ou la police parvenaient en général à reconstituer le plus gros de sa vie. Or, dans ce cas, l'histoire du Pantin commençait lors de ses premiers contrats, et on avait aucun moyen de savoir ce qui avait bien pu se passer avant.

S'asseyant sur le bureau sans quitter le jeune homme des yeux, Ulrich ôta sa longue veste d'uniforme qui lui tenait trop chaud, dévoilant un haut militaire tout simple et le pantalon qui lui était associé. Il jeta sa veste sur la chaise du bureau, le Directeur s'adressa ensuite de nouveau à Viken:

-C'est la première fois que tu viens ici, non? Qu'est-ce qui t'y a poussé?
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MessageSujet: Re: Quand les grands esprits se rencontrent... [- PV Ulrich -]   Mar 27 Déc - 16:36

La porte vers laquelle Viken se dirigeait de sa démarche nonchalante s'ouvrit alors, présentant le Directeur dans l'encadrement. Ulrich Breslin, l'homme que son verre avait accidentellement frôlé à la cantine, lors de son premier jour. Voilà qui était bien gênant de se retrouver seul en face de lui après cet incident qui avait dû donner une bien mauvaise image de lui. Ne sachant que faire, le Pantin se prépara à une belle réprimande, car Ulrich faisait partie de ceux qui pouvaient tenir facilement les mots avec lui. Au moins il était éduqué, celui là, mais linguistiquement bien solide, comme lui. Enfin, il s'excuserait platement de son geste au réfectoire et peut-être que cela passerait. Lors de leur entretient au bureau, il n'avait été ni chaud, ni froid. Peut-être était-il juste, pas comme ces gardiens qui prenaient la grosse tête parce qu'ils avaient une matraque... Ou comme ces détenus qui se prenaient tous pour le plus grand mafieux et le plus impressionnant des hommes du monde. Tous avaient bien tort, évidemment. Il était venu le temps d'avoir un aperçu de la sévérité du respecté Directeur de la prison...

Évidemment, comme souvent, Viken s'était construit des craintes pour rien, car aucune réprimande n'arriva à lui. Des cours ? Alors il n'y avait pas que les Elites qui avaient cours ici ? Certains détenus venaient visiblement s'instruire ici, cela ne leur feraient pas de mal, bien au contraire...

_ Euh... A vrai dire, je n'étais pas au courant du cours non plus... Désolé...

Rester ou partir ? Un cours, un vrai ? Pourquoi pas, après tout, cela pourrait être intéressant et ça tuerait un peu de temps en prime. Puis Viken devait bien se l'avouer, le Directeur était assez intriguant, il avait envie d'en savoir sur lui un minimum, sans autre raison que sa curiosité.

_ Mais... Vous donnez aussi des cours à ces sauvages ? Je pensais qu'il n'y avais que les Elites qui avaient ce droit... Enfin, maintenant que je le sais, j'y trouverais un fort intérêt, si vous n'avez pas de dossier trop urgents à régler... J'aime beaucoup apprendre, et j'aime le calme, alors j'aime les cours...

Voilà qu'il perdait presque ses moyens, mais pourquoi ? Il pourrait très bien sauter sur ce directeur et tenter de lui briser la mâchoire. Mais à quoi bon ? Le Pantin n'était pas un de ces sauvages vides de neurones, et il avait du respect, des manières, des principes. Oui, il allait suivre ce cours comme la personne calme et instruite qu'il était. Mais... Après l'incident du verre ? Oui, il avait à se justifier, c'était quelque chose de normal. Ce geste de négligence qu'il avait eu était bien assez idiot pour réclamer des excuses.

_ Euh... Peut-être me trouverez-vous idiot, mais ce verre, à la cantine. Je n'avais pas fait attention à vous, en réalité... En fait, j'étais partit dans un souvenir assez agréable, et je m'y suis plongé au point de répéter ce souvenir. Libre à vous d'en penser ce que vous voulez, mais je vous en offre mes excuses. Voilà, je crois que c'est tout... Nous pouvons commencer le cours, maintenant, si vous le souhaitez...

Bon sang, il était complètement intimidé, même ! Il faut dire qu'il avait une certaine classe, ce directeur, et il était doté d'un certain charme. Un charme qui rendait rien que sa présence assez impressionnante. Du charisme, il en avait... Jetant un œil aux vêtements de cet homme qui lui faisait perdre ses moyens, Viken se rendit compte que sa garde-robe était dotée du même type de fringues militaires. La version Russe, et la version Américaine. Plusieurs types dont les motifs divergeaient, passant du camouflage printemps au camouflage du tigre rouge. Pourtant, même s'ils avaient été tous deux entrainés, lui n'était pas militaire... Oui, leurs vies à tous les deux devaient diverger de bien loin. Mais pourtant, il était peut-être l'homme le plus intéressant de la prison, il n'était pas le directeur pour rien... C'était sûr...
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MessageSujet: Re: Quand les grands esprits se rencontrent... [- PV Ulrich -]   Mer 28 Déc - 9:46

Viken avait presque l'air surpris de le voir. Il est vrai que d'ordinaire, ce n'était pas Ulrich qui donnait les cours. Il se contentait d'intervenir de temps en temps sur certains sujets bien précis, ou quand l'un des détenus peinait à apprendre l'anglais. En effet, le Directeur ayant reçu une éducation très complète, il parlait couramment le Russe, l'Allemand, le Français, et il se débrouillait également plus ou moins bien en Japonais et en Italien. Mais comme l'Anglais était la langue du Pentagone, c'était également la langue générale de la prison, et tous les détenus étrangers n'étaient pas bilingues. Il arrivait donc que Ulrich, quand il connaissait la langue d'origine et que le détenu se montrait volontaire, donne des cours de langues afin qu'ils puissent se débrouiller.

-Bien sûr qu'il y a des cours! Les Elites sont tenus d'y assister, mais les autres, s'ils sont volontaires, peuvent également en avoir, je ne vois pas pourquoi ça leur serait interdit!


Ulrich avait dit cela d'un ton presque désinvolte. C'est vrai que les volontaires parmi les détenus normaux se faisaient parfois peu nombreux, mais il y en avait toujours et le sergent instructeur se devait de venir leur dispenser l'éducation qu'ils réclamaient. Bon, il était un peu embêté de faire cours à une seule personne, car il ne savait pas trop comment s'y prendre, mais pourquoi pas?

-Si tu veux le cours quand même, je te le fais, ça ne me pose aucun problème! Assieds-toi où tu veux, et n'hésite pas à m'arrêter si je vais trop vite!


Ulrich alors se leva du bureau et déplia une carte du monde sur le tableau. C'est alors qu'il entendit la remarque de Viken, à propos de l'incident de la cantine, qui avait eu lieu dernièrement. Haussant les épaules tout en accrochant la carte, il lança à Viken par dessus son épaule:

-C'est bon, c'est oublié. Tu me tournais le dos quand je suis entré, si tu avais voulu me viser tu m'aurais fait face. Et de toute façon, tu m'a raté, non? Alors pas de problèmes.


L'incident clos, Ulrich se retourna, et récupéra un livre d'histoire dans le tiroir du bureau pour les dates dont il ne se souvenait pas. S'asseyant encore sur le bureau, tourné vers le jeune homme, il commença son cours:

-Après la Seconde Guerre Mondiale, le monde se divise en deux blocs. Le bloc de l'Ouest d'un côté, avec les Etats-Unis libéraux, et celui de l'Est, avec l'URSS communiste. En conflit notamment sur le partage de l'Allemagne vaincue, les deux blocs ne peuvent néanmoins pas se déclarer ouvertement la guerre, car ils sont tous les deux en possession de l'arme nucléaire...


Une fois lancé, le Directeur s'en sortit plutôt bien. Ses connaissances de l'armée et de l'histoire militaire venait préciser ce que le cours ne disait pas forcément. Ulrich parlait les yeux fixés sur un point quelque part au dessus de la tête de Viken, ou alors sur la carte quand il devait illustrer quelque chose.
Le cours dura un peu plus d'une heure. Le militaire aurait volontiers continué encore un peu, mais s'il ne s'arrêtait pas on allait aller jusqu'à la construction de the Island of Madness, en 2019! Il referma donc son livre et adressa un "sourire" à son unique élève:

-J'ai terminé! Si tu veux la suite du cours, reviens ici, ce sera le sergent instructeur Perversy qui devrait prendre la suite. J'espère que je ne t'ai pas trop ennuyé en tout cas!

Cependant Ulrich ne fit pas mine de sortir, assit toujours en tailleur sur le bureau, fixant la classe d'un air absent. Il se demandait ce que ça faisait, d'être un élève normal, un lycéen parmi tant d'autres, un étudiant en mal de vie sociale, un cancre absentéiste ou un surdoué jalousé. Il n'avait jamais connu cela, lui...
Quand il revint à la réalité, il se rendit compte que Viken non plus n'avait pas quitté la salle, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Ce jeune homme lui semblait...intéressant, et sa curiosité le poussait à vouloir en apprendre davantage. Cependant, il n'engagea pas la conversation le premier, laissant le jeune homme se lancer.
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MessageSujet: Re: Quand les grands esprits se rencontrent... [- PV Ulrich -]   Mer 28 Déc - 14:39

Les excuses du Pantin furent presque négligées, mais c'était bien mieux comme cela. Au moins, il avait une tête, il avait bien comprit que son geste n'avait pas été totalement volontaire.
Viken écouta donc le cours, qui fut plutôt bien tourné, on pourrait presque croire qu'Ulrich avait été professeur par le passé. Quoi qu'il en était, il était bien instruit. Il avait déjà eu ce cours, la guerre froide, mais énoncé de la façon du Directeur, il se trouva bien plus intéressant. Certains points que le détenu n'avait pas apprit, ou bien oublié, furent une découverte, et ces points furent nombreux. Passionné, il avait bu les paroles et n'avait pas vu l'heure passer. L'ennui ne l'avait gagné à aucun moment. Alors les vrais cours se passaient comme cela ? Dans ce cas, il n'en raterait pas un seul ! Cette leçon avait été bien plus intéressante que celles qu'il avait eu, avec ce salaud qui lui servait de professeur.

Viken fut tout de même déçu lorsque le Directeur lui rappela qu'il avait fait ce cours exceptionnellement. Le Sergent Instructeur Perversy ? Il ne restait plus qu'à espérer très fort qu'il était aussi bon que Mr Breslin. A son étonnement, d'ailleurs, ce dernier ne partit pas après avoir donné la fin du cours. N'avait-il pas des dossiers sur lesquels travailler ? Alors pourquoi restait-il assit de cette façon sur le bureau ? Peut-être avait-il besoin de respirer un peu seul en dehors du travail. Cela ne devait pas être très facile de s'occuper d'un Zoo emplit des spécimens les plus dégoutants. Remarque, il en faisait bien partie, de ces spécimens...

_ Eh bien... Merci, j'ai vraiment apprécié ce cours. Je pense revenir aux autres. Bien... Je ne vous embête pas plus longtemsp. Au revoir, Mr Breslin.

D'un geste manquant atrocement de motivation, le Pantin se leva de sa chaise et se dirigea vers la sortie d'un pas lent ô combien remplit d'hésitation. Il devait trouver une excuse pour entamer une discussion avec le Directeur. Non pas pour être bien vu, mais pour satisfaire cette curiosité qui lui rongeait l'esprit. Il aimerait tant en savoir d'avantage sur cet homme, mais entre un Directeur de Prison et un détenu, était-ce possible de discuter ainsi ? Hélas, non, pensa-t-il, mais son pas s'arrêta quand même devant la porte.

_ Dites... Pourrais-je emprunter quelques livres de cours pour mon usage personnel ? J'y ferais très attention, c'est simplement que je m'ennuie énormément dans cette prison, et comme j'aime la lecture...

Oui, il le voulait réellement. Mais non, ce n'était pas la vraie raison pour laquelle il avait ouvert la bouche. Il aurait pu demander cela à n'importe qui. Mais bon, quitte à se faire remballer, autant être franc. Il se retourna et sa marche reprit et s'arrêta à un mètre du bureau où était assit l'objet même de son intrigue.

_ En réalité, les cours que j'ai suivi étaient bien différents de celui que je viens d'avoir. Dites, comment se passent les cours normaux en réalité ? Est-ce vraiment comme cela ? Est-ce que le Sergent Instructeur est un bon professeur ? J'ai fortement bien aimé ce cours... Pourquoi n'engagez-vous pas une secrétaire pour traiter vos dossiers ? Si vous aimez donner des cours, vous pourriez être professeur en plus de Directeur, non ?

Quel idiot ! Il avait débité ces questions à une vitesse ! Voilà qu'il devait bien avoir l'air d'un bon crétin, mais tant pis. Après tout, il n'avait fait que demander, et puis parler était quelque chose qui aider à la relation sociale, non ? Alors pourquoi pas ? "Parce qu'il est le directeur et toi un détenu sans intérêt, abruti !!!" lui cria une voix intérieure. Trop tard de toutes façons, il ne restait plus qu'à attendre...
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MessageSujet: Re: Quand les grands esprits se rencontrent... [- PV Ulrich -]   Jeu 29 Déc - 10:11

Ulrich ne quittait pas des yeux le détenu, qui commençait lentement à se diriger vers la porte. Il semblait manquer cruellement d'envie de partir d'ici, cependant le militaire ne dit rien pour le détourner de la porte, attendant de voir s'il allait avoir le courage d'engager la conversation. Et cela d'ailleurs fut couronné de succès, puisque Viken s'arrêta devant la porte pour lui demander s'il pouvait lui emprunter des livres de cours pour qu'il puisse les lire dans sa cellule. A priori cela ne lui posait aucun problème, et il répondit après une demi seconde de réflexion:

-Moi je veux bien, si tu en veux je t'en prête, pas de soucis! Mais tu risques d'être déçu, les livres qu'on nous donne ici sont incomplets. Si tu préfères je peux te prêter des livres qui m'appartiennent, que j'ai amené en arrivant, ils seront beaucoup plus intéressants et mieux expliqués que ceux d'ici!


Ulrich était heureux de voir que dans la prison tous les détenus ne s'intéressaient pas qu'au clopes, à la drogue et à l'alcool. La plupart de ceux qui assistaient aux cours étaient en général plus dociles que les autres, mais cela ne les empêchaient pas, en présence d'autres détenus plus rebelles, de se comporter comme s'ils n'étaient pas capable de réfléchir par eux-même. Et c'est pour cela qu'il n'hésitait pas à proposer des livres à lui à ce jeune homme qui ne semblait pas comme les autres.

Quand Viken s'approcha du bureau, le Directeur tourna un peu sur lui-même pour faire face à son interlocuteur sans se lever du bureau. Sous l'avalanche de questions, Ulrich resta abasourdi quelques secondes, extrêmement surpris qu'un détenu, ceux qui de manière générale le détestaient, lui pose ce genre de questions. Il se mit alors à rire, d'un rire dépourvu de la moindre méchanceté qui éclairait son visage d'ordinaire sombre comme ses yeux.
Ce rire, bien que bref, eut pour effet bénéfique de détendre l'atmosphère. Ulrich passa une main dans ses cheveux corbeau pour les ébouriffer et pour empêcher qu'ils ne tombent devant ses yeux, néanmoins pensif quand il réfléchit à sa réponse, car ces questions étaient tout de même légitimes.

-Comment ils se passent, dans la réalité...? En vrai, je n'en sais rien, je ne peux pas te répondre, parce que j'ai jamais reçu de cours de cette façon, même s'il est vrai que j'aurais beaucoup apprécié cela, je n'en doute pas.
Oui, je suis sûr que le Sergent Perversy saura aussi t'intéresser à son cours, mais il sera sans doute beaucoup plus strict que moi car tu ne seras pas le seul dans la salle, la prochaine fois. Mais je pense que ses cours parviendront à te plaire, je ne me fais pas de souci pour ça si tu aimes ça.
Et c'est gentil de te préoccuper de moi, c'est vrai que j'aime bien donner cours. Mais je te signale que j'ai déjà une secrétaire chargée des affaires courantes, mais que même malgré sa présence, j'ai encore énormément de travail. Mais j'avoue que cette idée ne me déplaît pas, et que peut-être que j'assurerai quelques cours de temps à autre!


Il était extrêmement rare qu'un détenu lui adresse la parole de cette façon, comme autre chose qu'un monstre ou qu'un salaud. En même temps, Ulrich pouvait les comprendre d'une certaine façon: Pour eux il était celui qui les gardait prisonniers en ces lieux, et qu'importe que lui n'ai rien choisi, ou que les décision ne lui ai nullement appartenu. Il avait fini par s'y faire, mais il ne pouvait cependant pas nier qu'il était agréable de pouvoir discuter avec quelqu'un comme Viken sans devoir garder en permanence la main sur la crosse de son revolver, dissimulé dans son uniforme militaire...
On avait déjà essayé de le tuer depuis qu'on le surnommait le Gardien des Enfers. Plusieurs détenus, à plusieurs reprises avaient tenté de le planter avec une lame de rasoir ou un couteau élimé de la cantine. Mais ils semblaient oublier qu'à son époque, Ulrich avait été l'un des plus grands officiers aux yeux du Pentagone, et qu'il avait survécu à bien plus que cela. Et puis, même si l'une de ces attaques parvenaient à ses fins, que penseraient-ils que ça pourrait changer pour eux? Les assassins seraient mis quelques mois en isolement, pas plus, et un autre Directeur viendrait vite prendre la place de Ulrich, et puis les choses reprendraient leu cours. Les détenus n'avaient sans doute jamais compris que leur Directeur n'était que la Poupée qu'un système sans visage et infiniment plus grand que ce qu'ils seraient capable d’appréhender. Mais pour eux, Ulrich Breslin était le Système, et pour cela ils le détestaient.
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MessageSujet: Re: Quand les grands esprits se rencontrent... [- PV Ulrich -]   Jeu 29 Déc - 14:42

Les livres du Directeur ? Eh bien ! Que répondre ? Serait-il sûr qu'aucun détenu tomberait dessus en fouinant dans sa cellule ? Oh, il y ferait très attention et trouverait bien un moyen de les cacher, ou de les avoir toujours sur lui. Mais comment prévoir les réactions de ces sauvages ? Sa méfiance sans sommeil se chargerait très bien de cela comme elle le faisait déjà depuis son arrivée ici. Alors très bien ! Il pourrait lire et en apprendre encore plus sur ce monde qu'il aurait aimé visiter de fond en comble plus que tout, avec Tanya... Tanya... Elle lui revint en tête comme un coup de feu. Lui en voudrait-elle d'être si impuissant pour le moment ? De ne pas pouvoir la venger tout de suite et du coup de s'occuper comme il le peut ? Non, pensa-t-il. Elle l'aime et a confiance en lui et en sa fidélité. Quand viendra le temps de la rejoindre, il n'hésitera pas une seconde à quitter ce monde, et jugera l'âme du Maître en bas, aux côtés de son aimée.
Toujours était-il que pour le moment, il n'était pas dans la situation pour cela, et qu'il avait des centres d'intérêt autres que la vengeance. La survie, et tuer l'ennui. Alors il allait emprunter quelques livres, et lire, apprendre, essayer de rattraper les nombreuses années perdues pour se familiariser avec ce grand monde inconnu, même sans y aller. Ce jardin lui offrait déjà bien assez d'euphorie pour le moment, et les livres allaient compléter pour un moment cette joie.

_ Hmm... Effectivement, si vos livres sont plus complets, alors je n'ai pas à hésiter. Ne vous inquiétez pas, j'y ferais très attention et personne d'autre que moi-même ne posera la main dessus. Je vous les rendrais dans l'état dans lequel vous me les aurez prêté, je vous en donne ma parole.

Le sourire en coin du Pantin s'étira jusqu'à en devenir un vrai, semblable à celui d'un enfant qui vient de déballer les présents du Père Noël. Oui, il était parfois très enfantin, car n'ayant jamais eu d'enfance, jamais connu Noël autrement qu'à la télé, cet esprit d'enfant n'avait jamais été exploité. Oui, le Pantin avait un enfant refoulé au fond de lui, derrière son esprit aiguisé comme une lame, derrière ses cicatrices, derrière son masque de chair... Ce sourire, il n'avait pas pu le retenir, tant pis, il était bel et bien content après tout, pourquoi le cacher ?
D'ailleurs, juste après qu'il ai posé ses questions, le Directeur avait sourit lui aussi. Un sourire à la hauteur du respect qu'il imposait, mais un sourire qui devait sûrement être capable de satisfaire n'importe qui, car il était un bien sérieux personnage tout de même. En fait, ce sourire détendit soudainement Viken, qui ne pensait pas qu'une telle chose allait se produire. Il n'avait pas mal prit ses questions du tout, au contraire. Et elles eurent toutes leur réponse.

Alors il aimait réellement enseigner ? Viken avait tapé juste. Mais lui non plus n'avait pas eu de cours normaux ? Mais alors quel genre de cours ? Enseignement à la militaire ? Quoi qu'il en soit, ce n'était pas une question à poser, c'était bien trop personnel. Bon, sinon il suivrait donc les prochains cours avec d'autres détenus et le Sergent Instructeur Perversy. Cela pourrait être malgré tout intéressant, en espérant qu'il ne se retrouve pas enfermé dans une salle de classe entouré de sauvages. Il y avait sûrement d'autres détenus Dociles et instruits ici, et cela pourrait donc être très intéressant.
Encore du travail malgré une secrétaire ? S'occuper de cette prison devait être une vraie plaie... Mais donner des cours de temps en temps devrait sûrement l'aider à se détendre, et il devait avoir des hobbies. Mais voilà qui serait également une question indiscrète... Et ce charismatique Directeur, avait-il une compagne ? Que de questions curieuses et trop personnelles ! Mais il fallait dire aussi qu'il était presque trop intriguant, cet Ulrich...

_ Oh... Alors vous non plus, on ne vous a pas enseigné de façon normale ? Hmm... A la militaire ?
Et vous avez tant de travail que cela ? Diriger cette prison doit être une vraie plaie, j'espère au moins que vous pouvez vous offrir un peu de détente de temps à autre, tout doit ne doit pas être facile, dans ces conditions. En fait, les détenus ont la vie facile, en réalité. Mettre le bazar ne fait que vous donner plus de travail, ils ont un logement, ils sont nourris, à l'ombre l'été et au chaud l'hiver. Cela doit vous rendre fou, non ? Moi, ça me rendrait vraiment dingue... Oh... J'avais presque oublié que j'en suis un aussi, je ne sais pas pourquoi, ça m'arrive parfois. Je me dis que je ne suis qu'un spectateur au milieu de ces damnés, mais je le suis tout autant qu'eux...
M'enfin, je parle beaucoup trop, et je ne veux pas vous déranger plus longtemps avec mes questions. Vous êtes le Directeur, et je suis un détenu, c'est vrai...


Mais pourquoi n'arrivait-il pas à se poser une limite, bon sang ? Pourquoi devenait-il si soudainement une telle pipelette ?
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MessageSujet: Re: Quand les grands esprits se rencontrent... [- PV Ulrich -]   Ven 30 Déc - 11:00

Ulrich hocha la tête à l'acceptation de Viken. Il lui promis même d'en prendre soin, mais le Directeur ne se faisait pas de soucis pour cela. De toute façon, il savait très bien qu'aucun objet, de valeur ou non, n'était en sécurité dans cette prison, à fortiori si ces objets appartenaient au Directeur Ulrich Breslin. Mais il ne s'inquiétait pas pour autant: Il ne doutait pas que le jeune homme saurait protéger ces livres, et que même s'ils ne lui revenaient pas en bon état, voire pas du tout, cela ne lui importait pas vraiment. Ces livres, il les connaissaient tous par coeur, et qu'ils aient pu enrichir les connaissances de quelqu'un étaient, après tout, leur seule raison d'être.

Cependant, quand il vit le sourire illuminer le visage de Viken, Ulrich en fut tellement surpris qu'il resta abasourdi. Ce sourire, tellement enfantin, semblait métamorphoser le jeune homme, on aurait dit un enfant le matin de Noël! Le Directeur ne pensait même pas possible de pouvoir un jour voir ce sourire, enfermé entre les quatre murs de la pire prison du monde...
En réponse, Ulrich également sourit, un sourire attendri, fugace. Aujourd'hui, la moitié de la prison pourrait bien se révolter, on aurait beau avoir essayé de l'assassiner une demi-douzaine de fois, il s'en moquait, pour lui cela resterait une belle journée. Cela faisait sans doute depuis son adolescence qu'il n'avait pas vu un sourire pareil...

Une nouvelle fois, une nouvelle avalanche de questions chût sur le Directeur, qui trouvait amusant une telle curiosité à son égard.Il laissa le silence s'installer quelques instants, le temps de réfléchir, des souvenirs qu'il pensait avoir enfoui très profond revenant à la surface de sa mémoire.

-J'avais une éducation à domicile, des précepteurs. Ils voulaient m'apprendre à devenir un parfait petit militaire, mais moi je ne voulais pas. J'ai appris d'eux ce qui ne pouvait pas me manipuler, les langues, la littérature, le reste je l'ai appris seul, dans les bouquins.


Ouh là, attention! S'il se laissait aller de la sorte, il allait raconter toute son histoire à Viken, et ce n'était absolument pas quelque chose qu'il souhaitait. Cette histoire était la sienne, et il s'agissait de sa faille, son unique faille, la faille béante au creu de son estomac. La donner à qui que ce soit, même à une personne de confiance, même à celle qu'on aime, par exemple, c'était pour Ulrich tendre le glaive à l'ennemi, lui donner une chance, même infime, de le vaincre. Ce mode de pensée est purement militaire, me direz-vous, mais Ulrich avait été suffisamment manipulé pour avoir ingéré de nombreuses façons de penser propre à l'armée. Il décida donc de changer de sujet, après tout ce n'était pas la seule question qu'il lui avait posé. Haussant négligemment les épaules, il répondit ensuite:

-Ce n'est pas un boulot facile, c'est sûr. Mais de toute façon je n'ai pas le choix, je suis obligé de le faire. Alors, à part me déprimer, il ne me sert à rien de penser à tout ce qui ne va pas dans cette putain de prison. De toute façon, pourquoi les détenus voudraient-ils me rendre la vie plus facile? Pour eux je suis l'ennemi, la plupart n'ont pas encore compris qu'ils étaient leur seul ennemi, et que leur présence ici n'a jamais été de mon ressort.


Ulrich poussa ensuite un léger soupir. C'est vrai qu'il était fatigué, las de tout cela. Mais cela était encore plus épuisant de songer au fait qu'il n'avait aucun échappatoire à cette existence vide de sens. Il était là pour faute grave, il ne pouvait donc pas demander une autre affectation. Son autre issue était de quitter l'armée, ce qui était hors de question. S'il osait le faire, il ne faisait pas le moindre doute pour le Directeur que le Clan Breslin se chargerait lui-même de sa punition. Son propre père avait été lutté pour le faire devenir ce qu'il voulait pour laisser sa "création" se mettre à penser d'elle-même. Et s'il y avait bien quelque chose que Ulrich ne voulait absolument pas, c'était retomber sous la coupe, même le temps d'une exécution, de sa "famille". Ici il n'était pas libre, mais au moins il était loin d'eux. De toute façon, quel que soit son choix, il n'était pas libre et il ne l'avait jamais été.

-Non non, tu ne me déranges pas, ne te fais pas de souci pour ça! Je suis content de pouvoir discuter avec quelqu'un sans que ce dernier essaye de me tuer!


C'était avec une certaine désinvolture qui tranchait avec le sombre de ses dernières pensées que Ulrich avait lâché ces mots, décidé à laisser les vieux fantômes au placard.
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MessageSujet: Re: Quand les grands esprits se rencontrent... [- PV Ulrich -]   Ven 30 Déc - 13:50

Alors le Directeur avait bel et bien été éduqué dans un but précis, comme lui. A l'école, on enseigne ce qu'il faut, les bases de ce qu'il faut apprendre, savoir, pour la culture, pour lire, écrire, et savoir compter, pour savoir se débrouiller. Au collège, on passe au niveau supérieur, on apprend plus encore, et de nouvelles matières, ils ont même des cours de musique, et on se découvre des passions, des talents, et on se choisi un ou plusieurs métiers que l'on aimerait exercer plus tard. Puis vient le lycée, où l'on choisi la filière dans laquelle on désire apprendre, pour faire ce que l'on souhaite faire et parfois même parce pour l'intérêt que l'on porte à l'apprentissage de certaines matières. Le Pantin et le Directeur n'avaient rien choisi de tout cela, on leur avait imposé une vie future, on avait décidé à leur place de ce qu'ils feraient plus tard.
Un Militaire, et un Assassin, deux chemins différents, deux esprits différents, mais se retrouvant tous deux encore à l'opposé, mais dans le même endroit. Et tous deux avaient des règles imposées, par le gouvernement. Tous deux entrainés dans un mécanisme sans fin, deux rouages... Un prisonnier condamné à tourner en rond, et un Directeur condamné à faire tourner les autres rouages comme il faut, à faire en sorte que rien ne déraille...
A la fois si différents et si semblables...

_ Nous avons été conduits, tous les deux. Nous n'avons jamais été réellement maîtres de nous mêmes, et nos désirs n'ont été que secondaires voire inexistants pour ceux qui ont fait de nous ce qu'ils désiraient. Je ne suis pas le seul prisonnier dans cette pièce, n'est-ce pas ?
Nous sommes faits de chair, de sang, nous sommes vivants, mais notre cœur a été mécanisé. On nous a privés de notre vie, de ce que nous aurions aimé être. Je ne suis pas non plus le seul Pantin dans cette pièce...
Vous savez, j'aurais aimé être écrivain, ou bien artisan menuisier, ou bien les deux. Et peut-être musicien aussi, monter un groupe de Metal. On m'a fait goûter au sang, et on m'a forcer à aimer l'Assassinat. Maintenant, je sais que tuer des personnes innocentes, c'est moche. Ceux qui ont fait de moi ce que je suis n'ont jamais une seule fois mentionné le fait que cela puisse être mauvais, on m'a apprit que c'était bien. Maintenant, je sais. Aujourd'hui, je suis maître de moi-même, le sang des innocents a souillé mes entrailles, mais je les purifierai avec celui des coupables. Je veux laver ma langue de cette saveur fade et cruelle.


Voilà que son visage avait prit un teint plus sérieux. Sous son masque de chair, le bois du Pantin était rongé par les mîtes du regret... Un jour, il se lavera, il lavera l'âme de Tanya, et toutes les autres qui ont été fauchées par ses mains ou par sa faute. Et là seulement, son cœur de bois sera ôté de ce poids qui lui ronge les sentiments.
Mais il avait trop parlé. Beaucoup trop, il s'était emporté... Erreur ou pas, il fallait changer de sujet. Le Directeur avait parlé de son travail qu'il avait mentionné comme déplaisant. Voilà un bon sujet de conversation. L’assassiner ? A quoi cela pourrait-il servir ? Il était un homme bon, et lorsqu'on tue une pièce du gouvernement, il ne tarde jamais à nous en envoyer une autre. Puis à quoi bon tuer juste pour passer sa rage, voilà une raison bien malsaine.

_ Être obligé de faire ce travail, voilà une bien triste chose... Mais j'en ai déjà bien assez dit là-dessus...
Et vous avez bien raison sur le fait que ces détenus ne vous rendront pas la vie facile. Cibler le plus haut gradé d'ici, pour eux, ça serait un exploit digne de vous ôter la vie. Ils aime la domination, ils pensent que par cette voie, on devient le chef. Malheureusement, avec ces crétins, c'est bien vrai, mais ils ne resteraient pas le chef bien longtemps. Le roi est mort, vive le roi... Ils sont bien trop idiots pour comprendre qu'ils vivront dans un manège éternel, qui ne s'arrêtera que lorsque tout le monde sera mort.
Je n'aimerais effectivement pas être à votre place. Mais n'ayez crainte, je n'essaierais pas de vous tuer. La seule raison que j'aurais de vous agresser serait d'affronter une personne qui pourrait me corriger comme je devrais l'être enfin. Le combat n'est jouissif que lorsqu'il est serré...
Enfin... Puisque vous dîtes avoir le temps. Aimez-vous la musique, Directeur ?


Viken était décidé à parler avec Ulrich. Après-tout, s'il avait dit avoir le temps, c'est qu'il le voulait bien lui aussi. Sinon, il aurait prétexté avoir des dossiers en cours à terminer, cela aurait été très facile. Juste après avoir posé sa question, le Pantin s'assit sur un bureau en face de celui sur lequel Ulrich était assit. Il n'allait pas rester debout durant toute la conversation planté comme un abruti.
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MessageSujet: Re: Quand les grands esprits se rencontrent... [- PV Ulrich -]   Sam 31 Déc - 11:18

A l'évocation d'anciens souvenirs, comme la façon dont il avait été éduqués, Ulrich en vit bien d'autres,qu'il croyait avoir totalement oubliés, revenir à la surface de sa mémoire. Les disputes sans fin avec son père, ce patriarche ridicule qui se croyait le grand sauveur de l'armée américaine, les journées entières passées dans les appartements de sa mère, à jouer du violon jusqu'à en avoir les doigts en feu...Ce dernier resterait sans doute le seul souvenir de son enfance, et le plus beau de tous. Mais aujourd'hui, cela semblait tellement loin...Ulrich n'était même pas sûr de pouvoir se rappeler parfaitement le visage de sa mère. Elle avait des cheveux très longs, bruns, des yeux verts lumineux...Qu'avait-elle d'autre? Quand il essaye de s'en souvenir, elle apparaît auréolée de lumière, sans doute car sa chambre était entourée de baies vitrées et que le moindre rayon de soleil disponible venait inonder la pièce. Il ne l'avait jamais revu depuis ses seize ans...Même si elle était morte, il n'en aurait jamais rien su, et son visage s'estompait avec le temps, tout comme la sensation de l'archet entre les doigts...

Tandis que Viken parlait, le Directeur comprit qu'ils étaient tout deux vraiment semblables sur de nombreux plans. Ni l'un ni l'autre n'avaient choisi leur vie, et aujourd'hui tous deux payaient les erreurs de ceux qui tiraient leurs ficelles. Lui aussi était un Pantin, il s'était d'ailleurs à peu près toujours vu comme tel... Lui, il ne s'était jamais posé la question de ce qu'il voulait faire plus tard. Enfant, il voulait faire cuisinier, astronaute, champion de tennis, comme tous les autres enfants. Mais dès qu'il a été en âge de comprendre la situation dans sa famille, ces rêves sont morts. Malgré tout l'esprit de rébellion dont il savait faire preuve au nez à la barbe de son père, il n'avait jamais formulé d'autres projets, car au fond de lui, il savait qu'il ne pourrait pas gagner contre le clan Breslin. Que tôt ou tard on le briserait. Sa vie consistait à résister au jour le jour, sans jamais penser au jour suivant sous peine de s'effondrer. Il ne voulait pas de cette vie qu'on lui imposait, mais il n'avait pas les armes pour résister...

- Je sais ce que tu as vécu, pour avoir moi-même connu quelque chose de similaire. Ni toi ni moi n'avons eu le choix, et maintenant il est trop tard pour changer. Ce que je crois aussi, c'est que nous allons finir notre vie ici, sans avoir rien pu faire pour changer cela...
Mon statut de Militaire me protège de beaucoup de choses, c'est vrai. Les horreurs que j'ai vues ou que j'ai du commettre sont sans doute aussi terrible, voire plus, que tes contrats. Mais moi c'était "pour le bien de la patrie", n'est-ce-pas? La bonne blague...Au bout du compte, je suis sans doute aussi coupable que toi. La seule chose que j'assume réellement, c'est la raison de ma présence ici, car pour une fois j'ai été capable de penser seul, et c'est cela que l'on me reproche...

A cette pensée, Ulrich eut un petit sourire, de ceux qui savourent une victoire minime, mais qui pour eux représente beaucoup. La seule fois où il est parvenu à agir par lui-même, il avait sauvé une vie, et pas n'importe laquelle, celle de Hisadora, personne chère qui ne méritait pas d'être sacrifiée à un Système.
Le roi est mort, vive le roi...Cela lui rappelait une chanson qu'il savait jouer autrefois au violon: Coldplay, Viva la Vida. Now the old King is Dead, Long live the King...

-Il fut une époque où je ne vivais que pour la musique. J'en jouais en permanence, et quand je ne pouvais jouer, j'en écoutais. Tout le temps. De plus c'était un moyen pour moi de me battre contre le reste du monde, mais même cela on me l'a enlevé quand j'ai dû partir à l'école militaire, à seize ans. Là-bas j'ai arrêté de jouer et d'écouter, et à présent que j'ai raté le coche, la musique ne peut plus faire partie de ma vie. C'est triste, mais c'est comme ça.


Il était inutile de s'attarder sur la place de la musique dans la vie du Directeur, cela n'aurait pour effet que de retourner le couteau dans la plaie, une blessure vieille de onze années qui n'avait jamais vraiment cicatrisé... D'ailleurs, pour éviter de trop y penser, Ulrich se rattacha de toutes ses forces à la remarque précédente de Viken, et parvint même à sourire, de ces sourires de défi qui peuvent encore faire briller ses yeux:

-Je connais tes capacités au combat, je sais aussi que tu maîtrises de nombreux arts martiaux comme le Systema. Mais, même si moi j'ai été élevé à la boxe thaïe, je connais les bases du Systema, et je m'en sors assez bien au judo et au taekwondo. Personnellement je ne parierai pas sur l'issue d'un combat qui nous opposerai. Je n'ai pas la moindre envie de me battre contre toi, mais ce pourrait presque être intéressant!

En changeant de sujet, Ulrich s'était détendu, préférant ne pas s'étaler sur sa vie. Et le combat était un sujet suffisamment à part pour lui permettre de se relâcher.


Dernière édition par Ulrich Breslin le Mar 10 Jan - 14:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Quand les grands esprits se rencontrent... [- PV Ulrich -]   Sam 31 Déc - 15:05

Ulrich avait évoqué sa carrière militaire. Est-ce que la guerre justifiait le crime ? Malheureusement oui. Ce monde était victime du terrorisme et du choc des religions, d'idéaux différés que la politique ne supporte pas. Présidents, rois, généraux, tous avaient une passion en commun, qu'un jeu de société illustrait parfaitement. Tous penchés sur une carte où ils déplaçaient leurs pions sans le sentiment même du sacrifice, et pourtant même bien pire que cela. Sacrifier ses troupes pour tuer les ennemis, voilà à quoi rimait leur petit jeu. Pour chacune des différentes nations, l'adversaire est le méchant, et pour cet idéal, le sang coule. Trop haut hissés pour savoir se remettre en question, alors on envoi les soldats régler les problèmes, et on fait quelques monuments à leur mémoire et on assiste à l'inauguration à laquelle on fait un beau discours pour faire penser que l'on a un cœur et rejeter la faute sur l'ennemi. Et tout cela depuis la nuit des temps. Comme si la chaine alimentaire ne suffisait pas, il faut dévorer les semblables pour être le plus gros poisson, mais aussi le plus puant, le plus gras, le plus gourmand... Un gouvernement dont l'existence ne rime qu'à la guerre pour prétexter l'ordre et la justice. Le Directeur était visiblement un de ces soldats qui l'ont comprit assez tôt avant de pousser son dernier soupir pour seule récompense, son nom et sa date, gravés parmi tant d'autres sur un de ces monuments. Un héros de guerre, mais un héros mort... Au moins, il l'avait comprit.
Peut-être que le Maître était un gouverneur, lui aussi... Cela ne serait pas étonnant, du tout...

Deux êtres parlaient là, dans la pièce d'une prison où ils étaient tous les deux damnés. Tous deux reconnaissant leur erreur suprême, celle d'avoir été un pion sur une carte...

_ Le monde entier est un jeu de Risk. Traités de paix ou déclaration de guerre, nous sommes tous destinés à servir, ou à fermer les yeux. La guerre, le meurtre, vous avez raison, la seule chose qui les différencies, c'est qu'une de ces choses est justifiée. La guerre ne puni que ceux qui y lâchent leur dernier soupir...
Si le gouvernement vous reproche de ne pas être un écervelé, alors c'est bien dans votre cœur que se situe la plus belle médaille sur mérite. Vous avez comprit, et vous avez sectionné ces ficelles qui vous liaient aux ordres, et si vous êtes châtié pour ça, alors c'est un martyr que vous êtes. L'exemple de l'homme qui pense par lui même, et non par ceux qui sont plus gradés que vous. Discipline, c'est un mot qui cache beaucoup de vice...
Tout ce que j'espère, c'est que vous soyez ici pour vous réconcilier avec vous-même, et non avec le gouvernement.


La musique, Ulrich a même été privé de musique... Alors le gouvernement était plus cruel encore que le Maître ? Viken était bien curieux de savoir de quel instrument le Directeur avait bien pu jouer, et quel genre du musique il écoutait. La musique joue avec les sentiments, et les influence, et peut donc les apaiser. Pourquoi ne plus s'en servir ?

_ Je joue de l'Harmonica, comme vous le savez déjà. Lorsque rien ne va, la musique m'aide à m'apaiser.
Directeur, si vous vous remettez à jouer, la nostalgie vous aidera à vous réconcilier avec vous-même. Ici, le gouvernement ne vous surveille plus, personne n'a plus à vous dire ce que vous devez faire chaque joue de votre vie. Jouez pour votre cœur, jouez pour votre liberté. Jouez pour vous même... Si vous avez gâché un talent pour la guerre, alors maintenant, il est temps de reprendre, vous ne croyez pas ? Ne vous privez pas de vos sentiments pour un gouvernement sans cœur... Cela serait bien trop dommage...
Pour vous-même, pour tous ces soldats privés de sentiments, privés de vie, et pour ceux qui ont lâché leur dernier souffle dans ces conditions, Mr Breslin...


Nerveusement, le Pantin serrait son Harmonica, la main dans sa poche. Jamais il n'aurait toléré qu'on ne lui prenne. Jamais... Beaucoup trop de souvenirs de Tanya habitent cet instrument...

Tiens, les arts martiaux ? Voilà un sujet bien intéressant qui se posait là. Viken écouta le Directeur, évoquant un combat entre eux ? C'est vrai que cela pourrait être fortement intéressant. Un combat loyal, un choc entre divers arts martiaux. La boxe Thaï ? Voilà qui était impressionnant, ce dernier étant réservé aux hommes les plus solides, les plus forts.

La Boxe Thaï ? Eh bien, Mr Breslin, vous devez être bien solide... Impressionnant !
Pour ma part, oui, j'ai été formé majoritairement au Systema, et à la plupart de ses variantes les plus redoutables. Notamment le Boevoe Sambo, pratiqué par les Etites des forces spéciales Russes, ainsi qu'à sa variante SpetsNaz. Avec ça, le Poznai Sebia, le Kadochnikov, le Retuinskih... Enfin, toutes les catégories les plus avancées. J'ai aussi été formé à la Boxe de l'homme saoul. Le Systema est très rigide, et allié à cet art martial, il s'assouplit et devient assez difficile à prévoir. Ensemble, cela fait ce que j'appelle "La Boxe du Pantin". Comme presque désarticulé, la prévoyance des coups est totalement annihilée, car même moi je ne sais jamais comment je vais répondre aux coups adverses. En fait, tout dépend de ma position, de mon équilibre, et de ce qui se passe aléatoirement dans ma tête. Saoul, je peux réagir n'importe comment, et au gré de ne pas être très musclé, je suis très souple, ce qui me laisse imaginer des prises parfois assez extrêmes. Je n'utilisais cette méthode qu'en cas de grand danger.
Si nous aurions eu à nous battre, effectivement, au vu des membres solides que vous devez avoir grâce à la Boxe Thaï, et de vos connaissances en diverses arts martiaux qui doit étendre la diversification de vos coups ô plus loin que l'horizon, nous nous serions probablement fait très mal, et j'en aurais sûrement prit pour toute une vie. Mais aussi, cela aurait été d'un fort intérêt. Se retrouver face à un adversaire de taille, voire plus fort, c'est toujours très agréable, au final.
Se battre, c'est aussi apprendre, c'est aussi partager les cultures. Détruire l'ennemi et partager un combat avec un adversaire sont deux choses bien différentes. Seule la deuxième a son mérite.
Pensez-vous que pratiquer les arts martiaux et se battre légalement dans un cercle fermé, dans des rounds aux règles strictes, pourrait rendre les prisonnier d'ici plus ouverts ? Au moins, ils partageraient des coups de poing de face non mortels, et non des coups de lames dans le dos. Cela leur ferait un grand centre d'intérêt et se défouler pourrait les calmer. S'ils veulent être roi, autant qu'ils le fassent de façon moins sanglante, et je suis sûr que vous pourriez largement prouver de temps en temps qui domine les plus fort.
Voilà qui serait peut-être une idée, mais il faudrait également assurer pour éviter les dérapages, on ne sait jamais...
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MessageSujet: Re: Quand les grands esprits se rencontrent... [- PV Ulrich -]   Lun 2 Jan - 11:10

Ulrich écoutait Viken parler, il hochait la tête de temps à autre, mais son esprit état bien loin de ce lieu. Il était reparti dans le manoir sa famille, revivre de nombreux souvenirs, et rarement des agréables. Et cette introspection confirmait les paroles du détenu juste en face: Pas un seul jour de sa vie, il avait été libre de faire ce qu'il voulait. Et même lors de son adolescence, et de sa révolte, il n'avait pu continuer à jouer du violon, à se laisser pousser les cheveux, que parce que sa famille l'a "toléré" jusqu'à ses seize ans. Maintenant il pouvait le voir, cette sorte de rébellion avait été tout simplement pathétique, parce que totalement inutile, et futile. Il ne pouvait pas s'enfuir, il ne pouvait pas changer, mais comme il se refusait à abandonner si facilement, il avait voulu montrer sa colère par ces biens faibles moyens.
Ridicule...

Et s'il pouvait se laisser aller à se remémorer tout cela, c'est parce que Viken lui aussi avait vécu cela, d'une certaine façon. Parce qu'à lui non plus, on n'avait pas laissé le moindre choix. On avait tracé pour lui une existence d'instrument, de Poupée, de Pantin. Ce nom d'ailleurs était, plus que de son gout pour les marionnettes, on ne peut plus révélateur de ce que le jeune homme avait été pour ses maîtres: Un simple Pantin. Que c'était-il passé quand il avait échappé à leur contrôle, en allant en prison? Un autre avait-il prit sa place en tant qu'Assassin?
Et lui, que c'était-il passé chez les Breslin quand ils avaient appris que le futur chef de clan avait été placé comme Directeur de the Island of Madness pour faute grave? Ulrich pouvait imaginer d'ici la tête que son patriarche de "père" avait dû faire à cette nouvelle, et ne serait-ce qu'à cette idée il en souriait. C'était bien là le seul point positif qu'il avait pu trouver, lors de ses nuit d'insomnies, à son arrivée dans cette prison.

Ah oui, c'est vrai, Viken jouait de l'harmonica. Ulrich l'avait déjà entendu jouer lors de ses rondes. C'était souvent des mélodies qui parvenaient à toucher Ulrich, mais pas Ulrich Breslon, Directeur de the Island of Madness. Ulrich le Musicien, celui qui possédait l'oreille absolue et une mémoire musicale phénoménale. Celui qui depuis environ onze ans, était enfermé très loin, tout au fond de sa tête...

-C'est vrai que tu joues magnifiquement bien. J'ai déjà eu l'occasion de t'entendre, et j'aime beaucoup ta musique.
J'y ai souvent pensé, tu sais. Me racheter un violon pour retrouver cette étincelle que j'avais en jouant, celle qui autrefois m'étais indispensable. Mais je ne sais pas si ça me ferait du bien, en fait. Bien sûr que jouer, en soi, ne pourrait pas me blesser, mais...je ne sais pas, la simple idée de jouer à nouveau me remplit à la fois de joie et de peur. Comme si j'allais ouvrir une Boîte de Pandore que j'étais parvenu à garder loin de moi..L C'est un sentiment difficile à expliquer, d'autant plus qu'entre temps j'ai vu et dû faire beaucoup de choses qui m'ont sans doute enlevé ce pour quoi j'étais capable de jouer...Le peu d'âme qu'il me restait...


Le jeune homme sentait qu'il n'était pas parvenu à expliquer clairement à Viken pourquoi il ne se sentait plus du tout capable de jouer du violon. Selon lui, pour faire de la musique il fallait avoir quelque chose, un je-ne-sais-quoi qu'il avait perdu à l'armée. C'était difficile, voire carrément impossible à exprimer avec des mots, mais c'était comme ça, voilà tout.
Et quand, à l'armée, cette humanité qu'il n'avait plus lui pesait, la seule façon d’extérioriser tout cela, pour lui était de se battre. Pendant ses classes, il défiait quiconque en avait le cran de le vaincre en combat libre. Bien sûr c'était théoriquement interdit, mais les instructeurs laissaient faire car cela permettait d'endurcir les soldats sans qu'ils aient rien à faire.
A cette époque, Ulrich n'avait jamais perdu un seul combat.
Et plus encore: Quand le combat était terminé, l’adversaire au tapis, il était très rare qu'il s'en tienne là. Il attrapait son adversaire, le relevait pour le frapper encore, lui exploser le nez ou lui casser une jambe. A cet instant c'était comme s'il était pris d'une folie meurtrière, une de ces soifs qui ne se désaltèrent qu'avec du sang.
Et immanquablement, quand les autres étaient parvenus à le maîtriser, Ulrich réalisait ce qu'il était en train de faire, et pire encore, ce qu'il était devenu. Mais il lui était impossible de nier le plaisir qu'il avait pu ressentir à sentir les os du combattant craquer sous ses coups, le sentiment de puissance, lui qui toute sa vie n'était et ne serait qu'un Pantin impuissant.

-Cette suggestion est recevable, mais ici en tout cas elle n'est pas applicable. Pour avoir déjà participé à des combats de ce genre, je sais très bien que cela ne pourrait pas les calmer. Ils en profiteraient pour régler des vieilles querelles, et cela pourrait à un moment ou à un autre tourner au bain de sang. Le combat nécessite des règles et le respect de l'adversaire, et sincèrement je doute que la plupart des détenus ici aient l'un ou l'autre.
C'est vrai que le Systema allié à des variantes plus violentes peuvent donner un combat complètement imprévisible. Je ne doute absolument pas de tes capacités au combat, sois-en certain, et c'est vrai que l'issue d'un affrontement serait totalement incertain...Mais c'est vrai que ça ne me déplairais pas de savoir...Peut-être qu'un jour on fera ça dans la salle d'entraînement, qu'en dis-tu?


Et comme à chaque fois qu'ils passaient sur un sujet moins personnel, Ulrich sentit un autre sourire naître sur ses lèvres. Cette discussion était réellement passionnante...Parfois douloureuse, mais passionnante...
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MessageSujet: Re: Quand les grands esprits se rencontrent... [- PV Ulrich -]   Lun 2 Jan - 16:48

Même un psychopathe ne pouvait perdre son âme d'enfant, car il prend plaisir à tuer, et chaque plaisir est un amusement enfantin hormis le sexe, la drogue, et l'alcool. Lorsque se battre n'est pas une contrainte, alors c'est un amusement, il en est de même pour tout ce que l'on fait en libre arbitre. Un enfant habite chacun de nous, il n'est juste pas toujours le même, et il est parfois enfermé quelque part dans l'oubli de notre tête. Notre âme d'enfant doit être modérément présente, mais pas bannie... Ulrich avait visiblement perdu cet enfant quelque part dans sa tête à cause des atrocités commises sous les ordres du gouvernement. Et voilà ce qui l'empêchait de se remettre au violon, en majorité. S'il retrouvait cet enfant en lui, qui s'était caché devant les visions d'horreur, et qu'il retrouvait le sens de sa vie, le sens de lui-même, le sens de l'existence qui est d'une nature à obéir à ses plaisirs avant d'obéir aux autres, alors il se sentirait mieux, et pourrait enfin retrouver goût à la musique. L'innocence enfantine est bien trop souvent punie de cette cruelle façon. Jamais ô grand jamais il ne faut chasser cette innocence d'une personne... L'innocence fuit devant la culpabilité, et la culpabilité est engendrée par une chose que l'on ne commet pas réellement par nous même. Pourquoi ferait-on une chose que l'on sait mauvaise par nous même sous peine d'être rongé par le remord ? Viken n'aurait jamais commit ces meurtres s'il n'avait pas été manipulé, et il en était clairement de même pour Ulrich. C'est uniquement lorsque nous n'avons pas le choix que nous nous blessons en blessant...

Le Pantin devait faire partir le mauvais goût de ce sang innocent. En aidant les autres, était-ce possible ? A présent, il ne ferait que ce qu'il considère juste, car il était maître de lui-même, et telle aurait été sa nature depuis le début s'il n'avait pas été choisi pour être guidé de force sur un chemin parsemé de cadavres. Il aurait été quelqu'un de juste, dévoué à préserver l'innocence d'autrui, dévoué à aider chacune des personnes croisant sa route. Et il aurait peut-être été trop naïf, mais tant pis, les blessures que lui auraient faites les autres n'auraient pas été aussi douloureuse que celles qu'il s'est faites lui-même à son cœur en tuant tous ces hommes... Ulrich éprouvait sûrement ce regret lui aussi. N'aurait-il pas aimé être professeur, pratiquant la musique et les arts martiaux librement ? Peut-être professeur de musique ? Il avait été privé lui aussi de cette liberté de choix. On avait choisi pour lui, choisi sa vie, choisi de ce qu'il serait, choisi même de la façon dont il devait penser. Quelle cruauté...

_ Votre âme d'enfant, votre cœur à jouer, il n'a pas été détruit. Il s'est simplement caché quelque part en vous, et vous ne parvenez pas à le retrouver. Vous n'en avez peut-être pas envie, ou vous n'avez peut-être pas le courage de partir à sa recherche. Il a été effrayé par le fait que vous n'écoutiez que les ordres au lieu de ses envies, qui sont partagées avec les vôtres. Il a eu peur de cette vie où personne, pas même vous, ne lui laissiez une place. Si vous vous étiez, non pas rebellé car la solution n'est pas là, mais au moins écouté. Écoutez ce qu'il se passe au fond de vous, au milieu du raffut de vos souvenirs, vous entendrez peut-être la voix d'un petit Ulrich qui pleure, parmi ces bruits d'explosion, de tirs, de balles qui sifflent et qui pénètrent la chair.
Mr le Directeur, si vous trouvez un jour le courage d'aller au milieu de cette guerre interne, de trouver cet enfant, de le prendre par la main et le ramener en sûreté dans la partie de votre esprit où il se doit d'être réellement, alors vous retrouverez peut-être le cœur de la musique.
Moi, je vous le souhaite...


Peut-être un peu cru, peut-être un peu trop moraliste, mais il le pensait, et plus personne dans ce monde ne l'empêcherait de s'exprimer comme il l'entend. Pourquoi le Directeur devrait-il souffrir éternellement dans cette vie qui n'est pas réellement la sienne, mais plutôt celle de ceux qui l'ont forcé à devenir ce qu'il est aujourd'hui ? L'honneur n'est pas une question d'obéissance, mais une question de partage des idéaux. Si les idéaux ne sont pas en accord, il faut tolérer, mais ne pas se soumettre. Tout est pourtant si logique vu d'ici, mais à l'intérieur d'Ulrich, cela ne devait pas être si clair que cela, et ce n'étais pas totalement de sa faute. Pourvu qu'il retrouve ses esprits un jour, qu'il ne parte pas de ce monde sans regrets...

Ensuite, le Directeur posa son opinion sur le fait d'organiser des combats ici. C'est vrai que Viken était peut-être un peu trop idéaliste, les détenus se vengeraient d'une défaite par le sang en dehors des combats. C'était vraiment dommage qu'ils soient beaucoup trop abrutis pour avoir assez d'honneur pour régler les choses de façon encore correcte. Puis il était sûr que d'autres pratiquants d'arts martiaux se situaient parmi les brutes.
Cependant, le Directeur lui avait fait une bien intéressante proposition.

_ C'est vrai, vous avez raison. C'est vraiment dommage que ce projet n'ai même pas un espoir de voir le jour à cause d'une mentalité trop basse.
L'affrontement pourrait être réellement intéressant, en revanche. J'aimerais beaucoup pouvoir me mesurer à vous, ça serait un combat vraiment honorable, je pense. Puis nous aurions bien besoin de se changer les idées, et pour cela, partager quelques coups dans les règles est l'idéal. Nous pourrions extérioriser, et l'affrontement serait génial, qu'importe l'issue. Que je perde ou gagne, mon estime pour vous ne changerait pas. D'autant que je suis sûr que celui qui gagne un jour peut perdre un autre jour contre le même adversaire, tant de choses sont à prendre en compte pour une victoire. Oui, tout ça pour dire que votre proposition fait brûler mon intérêt, Directeur. Je serais heureux de partager avec vous un de ces jours.


Ulrich ne fut pas le seul à sourire. L'idée de l'affrontement envahit presque le Pantin d'une euphorie qu'il retint tout de même avec un peu de mal. Oui, si une chose était sûre, c'est que de ce combat, vainqueur ou non, il en ressortirait content, et il aurait apprit. Le Directeur serait un adversaire hors pair, il n'en doutait pas une seule seconde.
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MessageSujet: Re: Quand les grands esprits se rencontrent... [- PV Ulrich -]   Sam 7 Jan - 11:04

Les paroles de Viken étaient extrêmement difficiles à entendre. Parce que leur véracité était si aigüe qu'il lui semblait qu'elles pénétraient sa peau pour se loger dans son cœur. Était-ce dans ce cœur qui ne croyait plus en rien que résidait ce petit Ulrich auquel le jeune homme faisait allusion? Ulrich ne l'avait jamais plus écouté depuis qu'il était arrivé à l'école militaire. Non, même avant, durant ce temps où les subalternes de son père l'avaient frappé, fait du mal aussi bien physiquement que mentalement, avec l'irrémédiable perte de son Violon adoré. Ces deux semaines durant lesquelles une petite voix qui ne lui appartenait pas le suppliait de les sortir d'ici. Cette petite voix sanglotait, lui demandait pourquoi on leur faisait ça, car cet enfant n'était pas capable de comprendre cela, et Ulrich non plus, d'ailleurs. Mais lui avait grandi trop vite par rapport à la petite voix au fond de lui, celle dont Viken parlait si justement, et lui savait que dans le Monde des Adultes, on avait tout à fait le droit de lui faire tout ça, quand on avait assez d'Argent, celui qui contrôlait le monde. En possession d'Argent, on était au dessus des lois...Et s'il y a bien quelque chose que les Breslin possédaient en grande quantité, à n'en savoir qu'en faire, c'était bien l'Argent.
A présent, le Directeur parvenait à se souvenir de moments où il lui avait semblé avoir entendu une voix. Mais la seule fois où il avait écouté ce qui lui suppliait cette voix, c'était pour négliger la mission au profit de Hisadora...

A mesure que la conversation se faisait de plus en plus difficile pour les deux hommes, qui pour cela devaient plonger de nouveau dans des souvenirs honnis et qu'il aurait parfois mieux valu oublier, Ulrich se sentait...Presque de mieux en mieux. Ce n'était pas tout à fait l'expression qui convenait, mais s'être en quelque sorte "déchargé" d'une partie de son fardeau face à Viken lui avait fait du bien. Comme si mettre des mots sur des émotions et des souvenirs difficiles l'avait aidé à les exorciser.

Relevant la tête pour regarder son interlocuteur dans les yeux, Ulrich lâcha un long soupir. Il n'y avait dedans aucune trace d'exaspération, simplement une sorte de soulagement à avoir parlé de tout cela. Un léger sourire, hésitant, gêné, naquit sur ses lèvres:

-J'apprécie ton attention de vouloir m'aider, Viken, sincèrement. Peut-être qu'un jour j'aurais le courage de jouer de nouveau du Violon. Mais ce n'est pas sûr, car selon moi, pour jouer il faut avoir un courage et une pureté d'âme dont je suis à présent totalement dépourvu. Je ne suis plus assez digne de toucher à nouveau un instrument, c'est mon jugement pour tout ce que j'ai fait.
Peut-être qu'un jour, je parviendrai à retrouver l'enfant dont tu me parles, qu'il sera assez rassuré pour cesser de se tapir au fond de moi, si loin que je ne le vois ni ne l'entends plus. J'espère en être capable, voilà tout...


C'est alors que Viken évoqua de nouveau l'idée d'un combat, et manifestement cela semblait le mettre en joie tout autant que lui. Depuis le temps qu'il était celui que l'on avait surnommé le Gardien des Enfers, Charon maudit au devoir séculaire, il n'avait plus eu à se battre, et il était vrai que cela lui manquait parfois. Et là, il avait sans aucun doute trouvé un combattant à se hauteur, l'une des rares personnes ici qui avait peut-être le pouvoir de l'envoyer au tapis.
Pris d'une soudaine excitation, Ulrich descendit du bureau qui avait été son perchoir et lança au jeune homme, une lumière scintillant dans ses yeux:

-Et pourquoi pas le faire pas plus tard que tout de suite? A cette heure-ci la salle d'entraînement est vide, et nous aurons tout le loisir de mettre nos capacités à l'épreuve!


Et pour confirmer ses dires, Ulrich se retourna pour regarder l'horloge suspendue au dessus du tableau noir. Oui, il en était sûr, la salle était vide, et les Elites ne s'y rendraient pas avant plusieurs heures! C'était le moment!

[\\\HRP: Je ne sais pas pourquoi j'ai écrit ça, à part le RP Kagami / Arquen, je n'ai jamais fait de vrai RP de combat, et encore, celui-là était particulier ^^" Là, c'est Ulrich qui a décidé à ma place, je crois xD
Si tu ne veux pas combattre, dis-le moi et je changerai simplement la fin du post ^^" ///]
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MessageSujet: Re: Quand les grands esprits se rencontrent... [- PV Ulrich -]   Sam 7 Jan - 14:42

Les paroles du Pantin semblèrent laisser réflexion au Directeur. L'Assassin était emplit d'une philosophie propre, d'idéaux non reçus, juste les siens, ceux qu'il avait trouvés seul, l'apprentissage philosophique ne se fait pas selon les autres, même s'il est bon de partager les points de vue. Notre vérité, c'est la notre, seulement celle-là. Cet Enfant, Ulrich méritait bien de le retrouver, il est une partie de sa vérité à lui... Et même si son âme n'est pas aussi pure qu'avant, c'est le cas de tout le monde. Lorsqu'on joue, notre âme se purge en passant un message que seuls ceux dont l'âme est ouverte à cette musique pourront comprendre, et bien souvent, la mélodie donne l'envie de se purger à notre tour. Peu de détenus étaient ouverts d'âme comme d'esprit, mais peut-être qu'une poignée d'eux pourraient capter dans cet air quelque chose qu'ils n'ont jamais eu, mais qui pourtant était à portée, dans leur cœur. La musique, c'est la définition d'un message codé, ne pouvant être reçu que par les oreilles qui partageaient avec le cœur, l'âme et l'esprit... Viken ne douta pas un seul instant que le militaire le comprendrait, plus tard mais pas trop. Il était inutile d'insister, car il allait y penser, y réfléchir, il en serait peut-être même hanté, jusqu'à ce qu'il refasse glisser l'archer sur les cordes, et en soit soulagé au point de ne plus jamais abandonner cette joie. Tel fut son souhait...

Cette fois, le sourire sûr laissa place à un autre sourire, légèrement teinté de gêne. L'avait-il touché ? Peut-être, mais au moins ce n'était pas en mal. Apporter son aide était une joie, aider Ulrich pourrait être bien plus que ça. C'est alors qu'il se prononça.
Hmm... Le courage est une chose qui une fois perdue doit être reconquise à nouveau. La conquête de soi-même est la gloire la plus intense, se prouver à soi-même ce dont on est capables est toujours une immense satisfaction. Se satisfaire est important pour la confiance de soi-même, la plupart de la population carcérale trouve cette confiance en excès en tuant. Mais pas lui, plus maintenant. Faire sourire quelqu'un est déjà une satisfaction, savoir que ce quelqu'un pense à nous en est une autre, marquer cette personne, une autre encore, alléger sa vie, la rendre plus facile, la satisfaction suprême.
Si Ulrich retrouvait cet enfant un jour, ils seraient deux à y gagner un cœur plus léger. Le Directeur avait besoin de cette partie de lui-même, et Viken besoin d'aider. Tous deux en seraient purgés de beaucoup.

_ Juste n'oubliez pas. Il vous attend pour cela...

Ensuite, le combat. Maintenant ? Vraiment ? Suite à ces paroles, comme si elles étaient une invitation à danser, le Pantin se redressa, debout. Et dire que s'il n'avait pas osé, il n'aurait peut-être pas eu ce combat. Il ne regretta pas. Il avait fait connaissance avec le Directeur, qui voulait bien lui prêter ses livres et qui s'avérait être une personne plus qu'intéressante, il allait l'aider, et maintenant il allait partager avec lui ! Voilà une journée comme il n'avait même jamais osé en espérer une ici. La suite s'annonçait délicieuse.

_ Je ne peux refuser, Directeur ! J'ai hâte de partager avec vous ! S'il y a une chose que j'ai à dire à cela, c'est que nous devrions nous mettre en route vers le gymnase !

L'excitation montait en parfait crescendo en Viken. Il en tremblait presque, et son cœur battait la chamade. Une occasion de se battre contre quelqu'un de fort, sans lame. Il n'avait eu cette occasion qu'avec les Elites de son mouvement, et il avait rapidement fini par ne plus vouloir être affronté. Seule Tanya le voulait bien, et cela ressemblait bien plus à un jeu qu'à un combat. Ne pouvant lever la main sur elle, il ne faisait qu'esquiver et bloquer. Étant bien plus rapide que lui, elle lui mettait à chaque fois des raclées mémorables. Et en prenant du recul, elle avait un jeu de jambes quasi-parfait, les coups qu'elle portait étaient précis et vifs, et même s'il aurait réellement combattu avec elle, il se serait fait terrasser. Elle était bien meilleure que lui. En ce qui était des autres, les hommes, il avait été souvent réprimandé à cause du traitement qu'il leur faisait subir, sans pourtant le faire exprès. Le regard qu'ils portaient tous sur Tanya, les fois où ils essayaient de la faire infidèle, de même par la force essayer de la mettre dans leur lit, même sans succès, même s'ils n'avaient jamais réussi à lui mettre une main aux fesses sans y laisser quelques dents, Viken en était jaloux. Et c'était sur ce ring qu'il leur montrait qui était l'homme de cette femme. Même lorsqu'il n'était pas encore une Elite, il les dérouillait tous, il était le plus fort des hommes.
Et maintenant, il allait pouvoir se mesurer à une personne extérieure, sans armes, juste l'étirement des tendons, le gonflement des muscles, l'entrechoquement des os. Un superbe choc des arts martiaux...

[HRP : Pas de souci, j'ai déjà fait quelques RP de combat. Je pense que la meilleure des façons de faire est la façon (question; réponse + question; réponse + question et ainsi de suite), si tu as vu mon RP avec Eden Wolf sur SC, tu comprendras. Donc pas de souci. Tu reprends donc au gymnase ? Viken te suit ! ^^ /]
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